Ils apparaissent un par un, silencieux. Ils sont habités d'un premier instant qui n'en finit pas de durer, de se transformer avec lenteur, en lumière, en étirements de soi. Dehors, un souffle grave monte en appel d'air. Le souffle continu de la terre à la mer. Le souffle qui avale les restes des ombres. Ils sont, dans les gestes lents, dans les gestes choisis, dans les gestes répêtés, ils sont dans cette première écoute le premier espace de soi, ils sont des bras qui s'ouvrent à embrasser le jour