quand on arrête d'occuper chaque instant affairer chaque instant pour ne pas se retrouver face à soi, et enfin laisser monter les silences comme les vibrations que chaque geste utile assourdit dans le bruit, jusqu'à la fatigue du bruit, laisser vibrer les entre-gestes les entre-mots l'attente inutile comme un geste inachevé accomplir enfin un geste inachevé laisser être l'inachevé lui donner son abandon, et l'écouter vibrer, et mourir, et ça résonne en vous quand ça meurt, avant ça ne mourrait pas tout simplement ça ne vivait pas et maintenant vous avez des instants des heures qui sont des naissances ça n'arrête pas de mourir et vous vous habitez et tout ce que vous enfermait ne vous enferme plus ça remonte pourtant comme des vagues, c'est là vous l'acceptez que ça vous submerge ça vous passe par dessus et vous êtes encore là encore vivant, dans le flux le reflux vous êtes vivant